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Coiffure en France en 2026 : les chiffres clés du secteur

Salon de coiffure professionnel en France

Le secteur de la coiffure est l’un des plus dynamiques de l’économie de proximité en France. Avec plus de 111 000 établissements et près de 178 000 actifs, il représente un tissu économique dense, ancré dans tous les territoires. À l’heure où le secteur fait face à des défis majeurs — recrutement, digitalisation, concurrence des offres low-cost et de la coiffure à domicile — voici un portrait chiffré complet du secteur coiffure français en 2026.

Les établissements : 111 177 salons en activité

La France compte 111 177 établissements de coiffure actifs en 2026, ce qui en fait l’un des secteurs de service les plus représentés sur le territoire national. On en trouve dans chaque commune urbaine, et dans la quasi-totalité des zones rurales dotées d’un centre-bourg.

Parmi ces établissements :

  • 37 289 salons emploient au moins un salarié, représentant les « employeurs » du secteur
  • Les autres correspondent à des structures sans salarié : micro-entrepreneurs, entreprises individuelles, gérants seuls ou avec loueurs de fauteuil
  • Le nombre d’employeurs recule légèrement : –1 % sur un an, signe d’une pression croissante sur les modèles qui emploient du personnel

Cette tendance traduit un phénomène structurel : de plus en plus de professionnels choisissent de travailler seuls ou en location de fauteuil plutôt que d’embaucher, pour limiter les charges et la complexité administrative.

Les actifs du secteur : 177 964 personnes

Le secteur emploie au sens large 177 964 personnes actives, ce qui inclut les salariés, les indépendants et les dirigeants d’entreprise exerçant eux-mêmes la coiffure.

Répartition par statut :

  • Salariés : environ 65 % des actifs, soit près de 115 000 personnes en CDI, CDD ou contrat d’apprentissage
  • Indépendants (dont micro-entrepreneurs) : environ 25 %, en forte progression ces cinq dernières années
  • Dirigeants non-salariés : environ 10 %, gérants de société rémunérés en dividendes

Le secteur reste très majoritairement féminin : près de 85 % des actifs sont des femmes, une proportion stable depuis plusieurs années. La part des hommes progresse légèrement, portée par l’essor des salons de barbier et des espaces coiffure mixtes haut de gamme.

Le chiffre d’affaires : 7 milliards d’euros

Le secteur coiffure génère un chiffre d’affaires global estimé à 7 milliards d’euros en 2026, en progression de 3,2 % par rapport à 2025. Cette croissance s’explique par la combinaison de deux facteurs : la hausse des prix des prestations (inflation des coûts matières et salaires) et l’augmentation du nombre de clients masculins.

À l’échelle d’un salon individuel, le CA moyen s’établit à 76 300 € par an. Mais cette moyenne masque des disparités importantes :

  • Les salons sans salarié en zone rurale : CA moyen entre 30 000 et 50 000 €/an
  • Les salons avec 2 à 3 salariés en ville moyenne : CA moyen entre 100 000 et 180 000 €/an
  • Les salons premium en grande agglomération : CA pouvant dépasser 300 000 €/an

La rentabilité, en revanche, reste sous pression : les charges (loyer, masse salariale, fournitures) ont progressé plus vite que les prix des prestations dans de nombreux territoires.

La structure du marché : indépendants, franchises et groupes

Le marché de la coiffure française reste très fragmenté, dominé par les indépendants :

  • Salons indépendants : environ 78 % des établissements, sans appartenance à un réseau
  • Réseaux de franchise : environ 15 % — Franck Provost, Jean-Louis David, Saint Algue, Tchip, Diloy’s — en progression régulière
  • Groupes et chaînes : environ 7 % — groupes régionaux ou nationaux de plus de 10 salons

Les franchises et groupes bénéficient d’avantages compétitifs significatifs : centrale d’achat, notoriété de marque, formation centralisée, outils digitaux mutualisés. Face à eux, les indépendants doivent plus que jamais miser sur la proximité, la personnalisation et l’expertise technique pour se différencier.

Les tendances de fond : domicile et location de fauteuil en hausse

Deux tendances structurelles reshapent le marché en 2026 :

La coiffure à domicile progresse fortement. Estimée à 31 % du marché en volume de prestations (contre 22 % en 2020), elle bénéficie de l’essor des plateformes de mise en relation et de l’appétence des consommateurs pour les services à domicile post-Covid. Des plateformes comme Treatwell, Bissou ou des indépendants via les réseaux sociaux captent cette demande croissante.

La location de fauteuil est en forte hausse. Ce modèle — où le coiffeur loue un espace dans un salon et travaille en indépendant — séduit de plus en plus de professionnels. Il représente aujourd’hui environ 18 % des actifs du secteur, contre 10 % en 2018. Il attire notamment les jeunes diplômés qui veulent éviter les contraintes du salariat sans avoir à ouvrir leur propre salon.

Les défis du secteur en 2026

Malgré sa robustesse, le secteur fait face à des défis de taille :

  • Le recrutement : 9 salons sur 10 employeurs déclarent avoir des difficultés à recruter. La profession souffre d’un déficit d’attractivité auprès des jeunes, malgré les efforts de valorisation des métiers. Les CAP Coiffure ne suffisent pas à couvrir les besoins.
  • La concurrence tarifs : les salons low-cost (Tchip, Diloy’s) ont capté une part croissante de la clientèle price-sensitive, poussant les salons indépendants à se repositionner vers le moyen ou le haut de gamme.
  • La digitalisation : la transition numérique (réservation en ligne, réseaux sociaux, avis clients, logiciels IA) est encore incomplète dans de nombreux salons, notamment les structures de moins de 2 salariés.
  • Les charges sociales : avec l’entrée en vigueur de la RGDU en 2026 et la hausse continue du SMIC, les salons employeurs voient leur masse salariale croître plus vite que leur chiffre d’affaires.

Conclusion et perspectives

Le secteur coiffure français aborde 2026 avec des fondamentaux solides — 7 milliards d’euros de CA, 111 000 salons, 178 000 actifs — mais dans un contexte de transformation profonde. La bifurcation est claire : d’un côté, les salons qui digitalisent, se spécialisent et valorisent l’expérience client tireront leur épingle du jeu ; de l’autre, les structures qui résistent au changement seront fragilisées par la concurrence et les contraintes réglementaires. L’enjeu des prochaines années sera aussi de redonner de l’attractivité à la profession pour résoudre la crise du recrutement, qui reste le principal frein à la croissance du secteur.